
20.12.08 | IL L’AVAIT DIT, IL LE FAIT. Faute d’avoir été entendu par le président de la République à qui il avait adressé une lettre restée manifestement sans réponse [1], le prince Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme attaque en justice l’établissement public du château de Versailles et sa fililale Spectacles pour faire retirer dans les 24 heures les "objets constitutifs de cette profanation pornographique sans précédant" que représente à ses yeux l’exposition Jeff Koons.
Dans un communiqué non signé (lire ci-dessous) qu’on peut supposer émaner de la "Coordination de défense de Versailles" animée par Arnaud-Aaron Upinsky, on nous fait savoir que M. de Bourbon-Parme "a demandé, à Maître Rosny Minvielle de Guilhem de Lataillade de déposer une requête liberté, article L 521-2 du CJA, subséquente à la décision de prolongation de l’exposition Jeff KOONS Versailles du 15 décembre 2008 au 4 janvier 2009, au Tribunal administratif de Versailles, Juge des référés."
Arguant d’une "profanation et atteinte au respect dû aux morts" que ferait peser l’exposition d’art contemporain sur le "droit immémorial au respect de ses aïeux" [2], le texte anonyme établit un parallèle douteux entre la manifestation artistique et les profanations de sépultures ayant tristement émaillées l’actualité récente [3]. Plus loin, soupçon de xénophobie, il est reproché au château de chercher "à promouvoir une star étrangère du porno au détriment de l’art français". On frôle l’accusation d’art dégénéré ! Enfin, la prolongation de l’exposition pendant la période de Noël viserait "la candeur des enfants particulièrement vulnérables et sans défense aux atteintes pornographiques".
Que dire devant un tel délire nauséeux ? Si c’est cela qu’Elle revendique, Son Altesse Royale Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme a une bien étrange manière de défendre la mémoire de ses augustes ancêtres. Prince du pathétique ou prince du tragique ? on ne sait.

[1] Nous avons appris plus tard qu’il a bien reçu une réponse du président de la République sans en faire état publiquement. Elle a été produite lors de l’audience au tribunal administratif par son avocat.
[2] Dans sa lettre au président, Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme se présente comme "descendant en droite ligne de Louis XIV et de Marie-Antoinette".
[3] "Récemment, toute la communauté nationale, jusqu’au sommet de l’Etat, s’est émue des profanations en série par violation de sépultures par peinture sur les tombes de symboles divers. Or, à ce jour, d’une manière surprenante, et en dépit d’appels répétés, aucune autorité n’a encore dénoncé la profanation opérée par l’exposition Jeff Koons Versailles...".
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