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Balenciaga & Comme des Garçons, le musée Galliera aux Docks

Bernard Hasquenoph |

Louvre pour tous | 30/07/2012 | 19:53 | 1 commentaire


Le musée Galliera, fermé pour travaux, présente tout l’été deux belles expositions hors les murs, aux Docks - Cité de la mode et du design ouvert depuis quelques mois. Un lieu décevant.

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Les Docks ©BH

30.07.12 | LE MUSÉE GALLIERA, fermé pour travaux jusqu’au printemps 2013, poursuit ses excursions hors les murs. Après « Madame Grès, la couture à l’œuvre » au musée Bourdelle à Paris en 2011 et « Le XVIIIe au goût du jour » au Grand Trianon à Versailles l’été de cette même année, le musée de la Mode de la Ville de Paris nous offre deux belles expositions pour à peine le prix d’une, cette fois-ci aux Docks - Cité de la mode et du design ouvert au public depuis avril. Un lieu pas très hospitalier, ouvert à tous les vents et qui dégage pour l’instant plutôt une impression de vide (voir notre article). La signalétique inexistante à l’extérieure, il y a de fortes chances que la plupart des visiteurs viennent comme nous depuis le côté Austerlitz et, faute d’indication, empruntent le premier escalier qui mène à l’Institut Français de la Mode (IFM). Un établissement scolaire, pas un musée comme on pourrait le croire. Trop de personnes se trompant - ce qui semble logique - l’école a été contrainte d’apposer sur sa porte d’entrée et sur celle de sa bibliothèque une affichette pour informer que les expositions ne se tenaient pas là. Pour les trouver, il faut contourner les vitrines de l’Institut par la terrasse de bois et marcher tout au bout de la coursive. Ce n’est qu’en sortant côté rue, qu’on tombe sur les affiches des des deux expositions en cours qu’on cherchait à l’arrivée, presque cachées. Vraiment mal fichu.


Cristobal Balenciaga, collectionneur de modes

« En hommage au maître de la couture (1895-1972) et à l’occasion du 40e anniversaire de sa disparition, Galliera dévoile, avec le soutien de la Maison Balenciaga, une collection de modes passionnément assemblée par le couturier et généreusement donnée par sa famille au musée »  :: Texte officiel

À LA RENCONTRE DU MAÎTRE
Eblouissant. L’exposition présente, mêlées, une quarantaine de créations du couturier, la plupart dons de particuliers au musée Galliera, confrontées à des pièces de sa collection personnelle, soixante-dix vêtements et tissus dont il s’inspirait, parfois de provenance surprenante : des habits de ville du XIXe (cape brodée, robe à crinoline, cols, passementeries, bottines...), du XVIIIe (dont un étonnant habit d’homme bleu roi), des costumes traditionnels (veste de toreros, coiffe folklorique de paille tressée, harnachement de cheval, calotte orientale) jusqu’à des vêtements ecclésiastiques (étole brodée, robe de vierge). Egalement présentés, des documents iconographiques de sa bibliothèque provenant des archives de la Maison Balenciaga (planches de costumes anciens, photos, croquis de sa main maladroits comme des dessins d’enfant).

La rencontre est éclairante, au point parfois, quand on est néophyte, de se faire piéger sur l’origine de tel ou tel vêtement. La scénographie minimaliste, inspirée du mobilier de réserve d’un musée de mode avec ses tiroirs d’archivage, met en valeur l’austère raffinement de l’oeuvre du Couturier des couturiers, celui devant lequel tous se sont inclinés, de Coco Chanel à Christian Dior qui n’hésitera pas à parler de perfection pour qualifier son travail. De ses quarante ans de carrière, on peut vraiment parler d’une oeuvre, tellement il a poussé loin l’exigence de son métier, travaillant la matière textile comme un sculpteur. Tel également un peintre, il possède une palette affirmée, un registre de couleurs limité où le noir, cette non-couleur, tient une place centrale : « un noir espagnol, tellement épais que tous les autres noirs paraissent gris à côté » note le magazine Harper’s en 1938. La couleur quand il l’utilise, souvent en ton unique, n’en apparaît que plus forte et somptueuse. Ses inspirations historicistes et artistiques, loin de toute stratégie marketing, l’ont mené vers toujours plus d’épure et d’abstraction, démontrant que la modernité se réinvente perpétuellement par le passé. Le classicisme que parfois on lui attibue atteint ici l’intemporel. Chez lui, la mode est tout sauf associée à la frivolité. André Courrèges, qui a travaillé à ses côtés, décrira l’ambiance de travail chez Balenciaga comme d’une « atmosphère de monastère architectural et spirituel ». Tout se faisait dans le plus parfait silence. Autre des surnoms du Maître : le « moine de la couture ».

« JE NE ME PROSTITUE PAS »
Quand on s’intéresse à l’homme, on reste impressionné par son intégrité, tellement loin de ce qui agite notre époque et du milieu actuel de la mode. Maître d’un art qu’il aura appris hors de toute école, son désir d’indépendance lui fit refuser d’intégrer la Chambre syndicale de la Haute Couture comme de repousser les ponts d’or que les industriels lui offrirent pour se lancer dans le prêt-à-porter. Réponse cinglante de l’intéressé : « Je ne me prostitue pas ». Ce qui adviendra néanmoins après sa mort quand, en 1987, rachetée par le groupe Jacques Bogart, la marque lui ayant survécu essentiellement par la vente de parfums, s’y lancera. Mais la trahison-hommage si l’on peut dire, viendra en 2004 quand la Maison, propriété alors du groupe PPR, créera des copies de ses créations, vendues comme tels : la ligne Balenciaga Edition, depuis régulièrement renouvelée.

Fuyant les photographes et la vie mondaine, imagine-t-on seulement que Cristobal Balenciaga n’aura pas donné une seule interview durant toute sa carrière, une invisibilité qui ira jusqu’à semer le doute sur son existence même et lui vaudra le surnom de « Greta Garbo masculin du monde la mode » : « Il est celui qui ne dîne jamais en ville, n’a pas sa loge aux générales, qui ne se laisse pas photographier, qui ne va pas en Amérique, et qui a horreur qu’on parle de lui » peut-on lire dans Elle en 1950 [1]. Suivant ses défilés aux participants triés sur le volet caché derrière un rideau, il n’hésite pas à faire sortir les impudents qui ont l’air de s’y ennuyer ou à faire taire les bavards. De la même façon, Mademoiselle Renée qui régentait les vendeuses et surnommée par une journaliste La Mère Supérieure de la Maison, répondra à une cliente qui intercédait pour une amie souhaitant assister à une présentation : « Nous n’avons pas besoin de femmes curieuses ici ». Des défilés qui se déroulait dans ses locaux, avenue Georges V, sans qu’il soit besoin, comme aujourd’hui, de les entourer de décorums spectaculaires (pour mieux masquer leur indigence créatrice ?).

Quand en 1968, M. Balenciaga, âgé de 73 ans, stoppa net sa carrière, jetant dans le désarroi ses plus fidèles clientes, c’est parce qu’il ne se retrouvait plus dans son époque, totalement opposé à l’industrialisation du secteur de la mode. Peut-être aussi pressentait-il que le désir de liberté incarné par les événements de mai se noierait un jour dans un consumérisme effréné. Un journal écrivit : « Balenciaga se retire et la mode ne sera plus jamais la même. »

 :: Sources : Balenciaga par Marie-André Jouve et Jacqueline Demornex, éd. du Regard, 1988 / Balenciaga Paris par Pamela Golbin, éd. Thames & Hudson - Les Arts décoratifs, 2006

PUBLI-EXPOSITION OU PAS ? - Cette exposition Cristobal Balenciaga, collectionneur de modes par le musée Galliera aux Docks, bien que mécénée par l’actuelle marque de prêt-à-porter tombée en 2001 dans l’escarcelle de François Pinault (PPR) via sa fililale Gucci, est le contraire d’une publi-exposition. Ici, pas de tentative d’instrumentalisation du passé au profit d’une stratégie commerciale d’entreprise, comme on peut le voir au musée des Arts décoratifs, à Paris, avec l’exposition « Louis Vuitton - Marc Jacobs ». Ce même musée proposait en 2006, sous le même commissariat de sa conservatrice en chef Mode et Textile XXe et contemporain Pamela Golbin, l’exposition Balenciaga Paris. Celle-ci mettait en scène les créations haute couture du Maître et celles en prêt-à-porter de Nicolas Ghesquière, son talentueux directeur artistique depuis 1997. Mais pas un mot sur le refus du créateur fondateur de se « compromettre » dans ce secteur industriel comme on le constate dans le catalogue d’exposition qui, bien que très circonstancié sur l’histoire de la Maison, n’évoque nulle part le sujet. A contrario des ouvrages de la spécialiste Marie-André Jouve écrits juste avant que la marque rachetée ne prenne justement ce virage. Etonnamment, en conclusion de son texte, Pamela Golbin, dans le catalogue de 2006, ramène la sortie de scène de M. Balenciaga à un simple départ à la retraite : « Des voix s’élèvent, on entend dire que la maison va moins bien, que le prêt-à-porter est en train de tout supplanter ! Peut-être... Mais on oublie trop facilement que Balenciaga a désormais soixante-treize ans, qu’il aspire à une retraite bien méritée ». Même amnésie dans le texte de présentation de l’exposition : « En février 1968, après avoir présenté sa dernière collection, il part en retraite en Espagne et ferme sa maison parisienne ». Rien à voir avec ce que rapporte Marie-André Jouve [2]... L’exposition du musée Galliera, tout en profitant forcément à la marque actuelle, reste concentrée sur son sujet : Cristobal Balenciaga, collectionneur de modes. Ses organisateurs remercient comme il se doit ses actuels propriétaires pour leur soutien et leurs prêts. Point barre.

COMMISSARIAT DE L’EXPOSITION
- Olivier Saillard, directeur du musée Galliera et historien de la mode
- Alexandra Bosc, conservateur du patrimoine au musée Galliera
- Marie-Laure Guitton, chargée du cabinet d’arts graphiques et des accessoires au musée Galliera
- Pascale Gorguet, conservateur en chef du patrimoine au musée Galliera
- Delphine Jaulhac, assistante (musée Galliera)
- Gaël Mamine, responsable du Patrimoine chez Balenciaga


SCÉNOGRAPHIE
- Jean-Julien Simonot

PRODUCTION
- Paris-Musées

MÉCÉNAT / SOUTIEN
- Balenciaga (PPR)
- Caisse des dépôts
- Bruynzeel rangements

PARTENARIAT
- Le Monde
- Metro
- L’Express-Styles
- Télérama
- Connaissance des arts
- Paris Première
- France Inter
- Fnac


AUTOUR DE L’EXPOSITION
- Photographie autorisée
- Visites conférences (1h30), tous les samedis à 14h30 et à 16h, sans réservation, dans la limite de 15 personnes. Tarifs : tél. 01 56 52 86 21 / marie-jeanne.fuster@paris.fr

ENFANTS / JEUNE PUBLIC
- Carnet de visite pour enfants à disposition, 7-13 ans
- Ateliers : 8-12 ans et 13-16 ans
- Conte : à partir de 5 ans
- Conte suivi d’un atelier d’écriture : 7-10 ans
- + d’infos / tarifs et réservations : tél. 01 56 52 86 21 / marie-jeanne.fuster@paris.fr

Comme des Garçons / White Drama

« Galliera vous invite à découvrir l’intégralité du dernier défilé Comme des Garçons, Printemps-Eté 2012 : ici pas de place attribuée, pas d’estrade, pas de minutage… il ne s’agit pas d’un défilé mais bien d’une installation, conçue par Rei Kawakubo, où le visiteur a toute liberté d’admirer les modèles au plus près. Créatrice de ruptures, Rei Kawakubo transfigure l’exercice classique du défilé et détourne les codes de la haute couture. Avec White Drama et ses modèles quasi monochromes, elle magnifie les grandes étapes de la vie : naissance, mariage, mort et transcendance »  :: Texte officiel

Quand on écoute Olivier Saillard dans la vidéo ci-dessous, on comprend son intention de faire partager au plus grand nombre ce qui ne se montre qu’à quelques élus. Avec le travail de Rei Kawakubo, 69 ans, et ses habits volontairement laissés à vif et sans ourlets, on est sans doute loin du souci de perfection formelle d’un Cristobal Balenciaga mais on retrouve chez ses deux créateurs une même conception sculpturale de la mode. Un face-à-face intéressant.

COMMISSARIAT DE L’EXPOSITION
- Olivier Saillard, directeur du musée Galliera et historien de la mode
- Rei Kawakubo, fondatrice et designer de Comme des Garçons

SCÉNOGRAPHIE
- Rei Kawakubo, fondatrice et designer de Comme des Garçons

PRODUCTION
- Paris-Musées

MÉCÉNAT / SOUTIEN
- Marie Claire
- Caisse des dépôts
- Japan Airlines
- Bubble Tree (pour les bulles de plastique)

PARTENARIAT
- Libération
- Les Inrockuptibles
- A Nous Paris
- Beaux Arts Magazine
- Stylia
- Fnac

AUTOUR DE L’EXPOSITION
- Photographie autorisée

ENFANTS / JEUNE PUBLIC
- Ateliers « Mariée improvisée » : 8-12 ans
- Ateliers « Mode expression » : 13-16 ans
- + d’infos / tarifs et réservations : tél. 01 56 52 86 21 / marie-jeanne.fuster@paris.fr




Tarifs, horaires et dates

TARIFS
- Valable pour les deux expositions
- Plein tarif : 6 €
- Tarif réduit : 4,5 € pour : titulaires des cartes « Paris Famille » et « Famille nombreuse », enseignants, animateurs de centres de loisirs de la Ville de Paris, documentalistes des établissements scolaires, chômeurs, bénéficiaires du RSA, plus de 60 ans
- Demi-tarif : 3 € pour les 14-26 ans inclus
- Gratuit : moins de 14 ans, personnes handicapées et leur accompagnateur, artistes
- Photographie autorisée dans les deux expos

HORAIRES
Du mardi au dimanche, 10h-18h, sauf jours fériés

DATES
Du 13 avril au 7 octobre 2012

Adresse, contact et accès

ADRESSE
Les Docks - Cité de la Mode et du Design
34 quai d’Austerlitz
75013 Paris

CONTACT
www.paris-docks-en-seine.fr
accueil@parisdocksenseine.fr
Tél. Docks : 01 76 77 25 30
Tél. Musée Galliera : 01 56 52 86 00

ACCÈS ET PLAN
- Métro : station Gare d’Austerlitz, Quai de la Gare, Gare de Lyon
- Bus : 24, 57, 61, 63, 89, 91
- Vélib’ : station n° 13020 face 15 rue Paul Klee, n° 13151 Gare d’Austerlitz

Si vous constatez des erreurs dues à des changements dont nous n’aurions pas eu connaissance, veuillez nous en excuser et nous en informer. Merci

:: Bernard Hasquenoph |

:: Louvre pour tous | 30/07/2012 | 19:53 | 1 commentaire

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VOS COMMENTAIRES


31.07.2012 | Heileen |

mmhh... je trouve très révélateur que vous ayez dû consulter deux livres pour avoir autant à en dire sur Balencciaga. Normal, puisqu’on ne trouve aucune explication digne de ce nom dans l’expo. Je l’ai faite aussi et elle est indigne de la qualité habituelle de Galliera. Aucune pédagogie pour le néophyte qui n’a qu’à admirer les pièces magnifiques et se taire. Enfin admirer... J’adore Balenciaga, j’adore le costume ancien, je venais déjà conquise, je suis sortie furieuse, avec un mal de tête monumental et l’impression d’avoir rater la moitié des pièces intéressantes : elles sont mal exposées (enfermée deans des tiroirs, tournée de biais pour qu’on ne puisse pas les voir correctement !), mal éclairées (ah, les néons des étagères qui se reflètent directement sur les 15 centimètres des vitres des tiroirs légèrement ouverts pour bien cacher tout ce qu’ils contiennent... magique), on ne voit pas le détail des broderies (un comble ! les loupes, c’est une denrée si rares, il est vrai), et cette accumulation de noir jamais jamais entrecoupé de couleur, c’est vraiment le n’importe quoi de la muséographie. On peut exposer intelligemment un couturier qui adore le noir sans massacrer les yeux des visiteurs : je suis venue avec une amie qui est très myope, je n’ai personnellement aucun problème d’yeux, et nous avons été autant perturbées l’une que l’autre par ces choix d’exposition idiots.


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NOTES

[1] C. Balenciaga a donné une seule interview, mais après sa retraite, au Times, le 3 août 1971.

[2] Marie-André Jouve reproduit et cite plusieurs documents qui montrent que Balenciaga est bien parti à contre-coeur comme il le confie dans un mot de remerciement adressé à un partenaire avec toute la pudeur qui le caractérise : « C’est avec beaucoup de peine que j’ai décidé de cesser mon activité dans la couture à laquelle je me suis dévoué toute ma vie » (Lettre de Cristobal Balenciaga au brodeur Rebé, juin 1968). Et plusieurs extraits d’articles le rapportent : « Quoique sans relations directes avec les événements actuels, la décision que vient de prendre Balenciaga de fermer sa maison de couture n’en reflète pas moins le sérieux malaise qui règne dans le commerce du luxe français. A soixante-douze ans, Cristobal Balenciaga a refusé les ressources nouvelles que lui auraient procurées le prêt-à-porter » (Le Monde, 23.05.1968) ; « Comment un tel homme aurait-il pu se reconvertir dans le »prêt-à-porter«  ? Alors, plutôt que d’ouvrir une »boutique« , Balenciaga a préféré payer leurs indemnités à ses deux mille ouvrières » (Paris Match, 10.08.1968). Et L’Aurore cite « un vieil habitué des présentations de mode » : « La haute couture telle que nous l’avons connue est condamnée, a-t-il dit tristement. C’est l’évolution naturelle des choses. Je trouve bien que l’irréductible Balenciaga, qui a personnifié toute une époque, se retire en pleine gloire » (03.08.1968).



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UNE CITATION, DES CITATIONS
« En France, on travaille dans le service public, en Amérique, on travaille pour le public » Nathalie Bondil, directrice du Musée des beaux-arts de Montréal, TÉLÉRAMA | 14.09.16
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