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Marché aux fleurs, « encore un quartier de Paris qui se modernise » !

Bernard Hasquenoph | 11/07/2020 | 16:21 |


Présence familière dans le paysage parisien, le marché aux fleurs de la Cité a une histoire méconnue et mouvementée. Malgré ses mues et ses polémiques, son charme reste inchangé. Aujourd’hui vétuste, il devrait être bientôt rénové.

« Coin de verdure parmi les pierres grises, un carré d’arbres apparaît le long de la Seine entre trois disgracieuses bâtisses, le Tribunal de commerce, la caserne de la Cité, l’Hôtel-Dieu. »
Georges Cain, Le Figaro, 8 décembre 1907

11.07.2020 l ON LE DIT LÀ DEPUIS LE TOUT DÉBUT DU 19e SIÈCLE. Ou depuis 1830. Ses pavillons dateraient de 1900. Ou de la fin 19e. Et seraient de Gustave Eiffel... Qui le dit ? L’Office de tourisme de Paris, les marchand·es, des élu·es de la ville, des journalistes, des blogs... [1] En fait, personne n’en sait trop rien. Car, aussi bizarre que cela puisse paraître, l’histoire de ce lieu si familier aux Parisien·nes est introuvable. Nombre d’ouvrages sur l’île de la Cité le mentionnent, sans développement. Peut-être existe-t-elle quelque part cette histoire mais faute de l’avoir dénichée, nous nous sommes plongé dans la malle aux trésors qu’est Gallica, dépouillant le Bulletin municipal officiel de la Ville de Paris et la presse. Sans prétendre à l’exhaustivité, loin de là, sans erreur majeure, nous l’espérons, nous avons découvert une histoire palpitante, faite de rebondissements et de polémiques et mené en une recherche iconographique passionnante. Principal scoop : le marché aux fleurs, tel qu’on le voit aujourd’hui, date de 1924 et est l’oeuvre de Jean Camille Formigé !

SOMMAIRE
1873-1905 l UN MARCHÉ SECOND EMPIRE
« Jamais les fleurs n’auront été logées si royalement »
1905-1924 l UN MARCHÉ DÉMONTABLE & PROVISOIRE
Métropolitain, ligne 4, station Cité
Quand le marché aux fleurs changea de sens
Polémique contre « un affreux hall en zinc »
1924-1970 l UN MARCHÉ SIGNÉ FORMIGÉ
« Encore un quartier de Paris qui se modernise »
1970-2016 l UN MARCHÉ FÂNÉ
Un marché à bout de souffle
Polémique contre un marché sous cloche
2016-2024 l VERS UNE RÉHABILITATION
Une rénovation « dans le respect des structures existantes »

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Le Petit journal illustré, 1893

SUR L’ÎLE DE LA CITÉ, le marché aux fleurs est situé à l’emplacement qu’on lui connaît, place Louis-Lépine et débordant le long du quai de la Corse, depuis 1873. Il succède au même marché ouvert en 1809 en partie au même endroit, après avoir migré depuis le quai de la Mégisserie sur l’autre rive de la Seine, par décision de Napoléon qui offrit le terrain à la ville [2]. Il se tenait alors à découvert, sur une place arborée et ornée de fontaines. C’est le réaménagement de l’île par le préfet Haussmann missionné par Napoléon III et l’édification du tribunal de Commerce de 1860 à 1865 qui entraîna son déplacement, après plusieurs expropriations. Nouveauté, de petits pavillons métalliques sans paroi sont érigés pour abriter les étalages, ainsi qu’un chalet de nécessité, c’est-à-dire des toilettes.

En août 1874, l’hebdomadaire L’Univers illustré fait une description de ce lieu où toutes les classes sociales se mêlent : « Une des gravures que nous publions aujourd’hui montre l’aspect élégant du nouveau Marché aux Fleurs de la Cité. Les abris sont tous construits sur un modèle uniforme. De sveltes colonnettes de fonte supportent des toitures d’un profil gracieux, dont le sommet et les angles sont ornementés avec goût. On peut en dire autant des fontaines où les marchandes viennent incessamment remplir leurs arrosoirs » [3].

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L’Univers illustré, 15.08.1874 l Marché aux fleurs, vers 1875, Charles Marville

Les pavillons métalliques ont été construits pour 40 000 francs par la Maison André et Fleury, spécialisée dans les kiosques et autres édicules, sur un dessin vraisemblablement d’Anatole de Baudot, architecte formé par Labrouste et Viollet-le-Duc [4]. Ils étaient ornés de motifs antiquisants - feuille d’acanthe, chapiteau corinthien, gueule de lion -, mélange de modernité et d’historicisme. Les parcelles, environ 150, sont « placées sur huit rangées se faisant face par deux », séparées par une allée [5]. Les emplacements sont loués par la ville à la semaine, au mois ou à l’année. Le marché aux fleurs se tient essentiellement le mercredi et le samedi, le dimanche étant réservé au commerce des oiseaux qui s’y adjoint plus tard.

Avant l’ouverture du marché, le journaliste Fulbert Dumonteil, qui travailla un temps au cabinet du préfet Haussmann, saluait l’innovation dans les colonnes de La Presse, non sans un certain lyrisme : « Nous voilà loin des baraques mobiles du marché de la Madeleine (...) Jamais les fleurs n’auront été logées si royalement. L’oeillet aura son Louvre ; les marguerites et les giroflées auront leurs Tuileries » [6].

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Carte postale non datée l Marchand de fleurs, quai aux Fleurs par Atget, 1898, Musée Carnavalet

Seul hic, ajoutait-il : « C’est juste en face des ruines de l’hôtel de ville que s’élèvera le palais fleuri. Triste horizon ! Il semble qu’une odeur de pétrole se mêle aux parfums des roses et des verveines ». Dans la capitale, les stigmates de la Commune sont encore frais.


MÉTROPOLITAIN, LIGNE 4, STATION CiTÉ
La configuration Second Empire perdura jusqu’en 1905, date à laquelle la plupart des pavillons fut démontée et une partie des arbres abattue. Ce qui créa un certain émoi parmi la population du quartier qui pétitionna, « demandant le maintien du marché aux fleurs » [7]. Cependant , il ne semble pas qu’il y eut un projet de l’éliminer. La raison de ce grand chambardement, c’est Georges Cain, écrivain du Vieux Paris et conservateur du musée Carnavalet, qui nous la donne deux ans plus tard dans Le Figaro, décrivant les lieux : « Les affouillements profonds nécessités par la construction des deux gares desservant le Métro - qui passera ici à 25 mètres sous terre - ont transformé la moitié de la place en un gigantesque chantier où sifflent les machines, manoeuvrent les grues, circulent les wagonnets » [8]. Durant ce temps, le marché fonctionna à moitié. Quelques pavillons perdurèrent un temps (comme on le voit sur des cartes postales) avant de disparaître.

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Le Petit Parisien, 24.12.1907 l L’accident en Une, Le Petit Parisien illustré 12.01.1908

Les travaux du métro étaient impressionnants. D’énormes caissons étaient montés sur place puis enfoncés dans la terre afin de créer un tunnel devant passer sous la Seine. Une prouesse technique, puisqu’il s’agit du premier tronçon du métro parisien immergé. Hélas, le chantier connut un épouvantable drame, qu’aucune plaque ne rappelle. Une avant-veille de Noël, le 23 décembre 1907, cinq ouvriers périrent dans un caisson, suite à un accident de pressurisation, comme le relate Le Petit Parisien. Et, quelques semaines plus tard, un terrassier perdit la vie, après une blessure à la tête [9]. Par ailleurs, la station du métro nécessita la construction d’une usine électrique sur l’île même. Le bâtiment, propriété de la RATP, existe toujours à deux pas de Notre-Dame.

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Georges Cain et René Héron de Villefosse, fouilles du marché aux fleurs, 1906
Chantier du métro Cité

Auparavant, on avait procédé à des fouilles archéologiques qui, à un endroit clef de Paris, ne pouvaient qu’être fructueuses. On découvrit plusieurs bases de murs dont une portion du « vieux rempart » de Lutèce utilisant des pierres de réemploi, fragments de sculpture et d’architecture datant des IIe et IIIe siècles de notre ère aussitôt déposés au musée Carnavalet [10]. Il est à noter qu’à l’époque, la Commission du Vieux Paris, passionnée par ces fouilles, se désintéressait totalement du devenir du marché aux fleurs et de ses abris ouvragés Second Empire. Pas plus qu’un vice-président du Conseil municipal de Paris comme Maurice Quentin qui jugeait leur « aspect peu esthétique » et un journaliste du Gaulois qui se souvenait de « leur incommodité autant que leur laideur » [11].

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Entrée désaffectée du métro dans la cour du Palais de Justice, 2020

QUAND LE MARCHÉ AUX FLEURS CHANGEA DE SENS
Début janvier 1910, les travaux de la ligne 4 du métro terminés, le trafic fut interrompu quelques semaines plus tard face à la crue (historique) de la Seine, noyant la station Cité pas encore ouverte au public. Elle ne le sera que le 10 décembre 1910, en même temps qu’une galerie souterraine reliant le Palais de Justice au tribunal de Commerce puis au métro [12]. Inutilisée de nos jours, on peut toujours voir dans la cour du Mai, le parapet entourant l’escalier y descendant (à travers la grille, à droite). Une autre galerie réservée existerait depuis la préfecture de Police et aurait été utilisée par la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale, ce qui est tout à fait plausible [13].

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Station Cité, de nos jours

De modèle Guimard, l’accès à la station Cité qui permet de déboucher dans le marché aux fleurs, est aujourd’hui protégé, inscrit à l’inventaire des monuments historiques depuis 2016, comme d’autres dans Paris. Un second escalier à la décoration Guimard se trouve dans le marché mais est condamné. A la mi-janvier 1910, se tint une conférence de presse conduite par Georges Lemarchand, conseiller municipal du quartier Notre-Dame. Grande nouvelle, le marché allait changer de sens. Explication d’un journaliste du Radical : « Autrefois, les abris du marché aux Fleurs étaient parallèles à la Seine (...) Cette disposition est abandonnée. Les nouveaux abris fixes seront disposés en deux lignes parallèles aux rues de la Cité et Aubé. Ils s’élèveront sur deux allées transversales qui seront pratiquées de façon que service du marché puisse se faire d’un côté et que de l’autre côté soit réservé aux acheteurs » [14].

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Georges Lemarchand, 1926, Agence Rol l Quai aux fleurs, carte postale non datée

L’idée émanait des marchand·es qui avaient réussi à faire entendre leurs doléances [15]. L’ancienne configuration des lieux rendait difficile le chargement et le déchargement des végétaux, les terre-pleins n’étant pas accessibles aux véhicules de livraison. En outre, les plantes fragiles n’étaient pas assez protégées et la clientèle ne pouvait s’abriter en cas de mauvais temps. Pas question pour autant d’en faire un « marché volant » comme l’avait suggéré un ancien conseiller, les abris fixes étant, parait-il, plus propres et surtout, sources de recettes pour la ville [16]. Mais qui allait assumer la dépense ? Et quelle forme prendraient ces nouveaux abris ?

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Marché aux fleurs, 1900 & 1925, Service du plan de Paris

Au printemps, les travaux de réfection du sol étaient bien avancés. Un journaliste constatait que « l’énorme trou » du chantier du métro avait bien été comblé et que des marronniers avaient été plantés [17]. A venir, au maximum pour l’été indiquait-il, « deux magnifiques fontaines et des abris fixes d’une architecture des plus élégantes ». Selon l’un de ses confrères, il s’agissait des deux fontaines Wallace toujours présentes aujourd’hui ainsi que deux bornes-fontaines (en bordure du quai de la Corse), les premières inscrites à l’inventaire des monuments historiques en 1970, les seules dans Paris [18].

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Les 2 fontaines Wallace du marché aux fleurs, de nos jours

On réaménagea la voirie pour que les terre-pleins soient perpendiculaires à la Seine. En 1912, on planta le long des allées des paulownias aux fleurs violettes, qui existent toujours. Et puis... De séance en séance du conseil municipal, de renvoi d’une commission à l’autre, d’exhortation à l’Administration d’agir « sans retard », « dans le plus bref délai », « d’urgence », on mit quatre ans à s’accorder pour le principal, les abris !

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Marché aux fleurs, 05.1918, Auguste Léon, Archives de la Planète/Musée Albert-Kahn

Il fallut attendre avril 1914 pour que soit décidé que les 255 000 francs nécessaires à la construction des nouveaux abris, seraient affectés au budget du Métropolitain, à l’origine « du déplacement et de la désorganisation du marché », fit-on valoir [19]. Plus précisément sur les bonis d’adjudications de la ligne métropolitaine « Ceinture intérieure » [20]. La question financière enfin réglée, le préfet de la Seine, qui fait office de maire, put lancer le concours (dans le sens d’appel d’offres) afin de choisir l’entreprise qui réaliserait les abris sur la base des plans et devis établis par le service d’Architecture des Promenades de la ville (les éléments construits sur la voie publique et les jardins), plus précisément par le plus éminent de ses éléments, Jean Camille Formigé. Architecte de la Ville de Paris, c’est à ce titre qu’on lui doit également les serres du jardin botanique d’Auteuil. Plusieurs fois cité dans la presse comme l’auteur de ces futurs nouveaux abris, un document officiel l’atteste [21]. On note par ailleurs sa présence à la conférence sur place de janvier 1910 comme « conservateur des promenades » selon Le Radical [22].

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Formigé cité, BMOVP, 22.11.1921/Le Gaulois, 18.05.1912/Le Figaro, 28.04.1910

L’appel d’offres portait sur « la construction de trois groupes d’abris comprenant chacun un promenoir central et deux bas côtés abritant les marchands.. Description plus précise ( :  »L’ossature principale de ces abris sera en fer assemblé et forgé. Le promenoir central sera couvert par du verre armé, les bas côtés par du zinc. Les fers seront peints". Le préfet signa l’avis le 10 juillet 1914 qui fit ensuite l’objet d’un affichage public [23]. Le 1er août, mobilisation générale, la France entrait en guerre. Le concours fut ajourné.

POLÉMIQUE CONTRE « UN AFFREUX HALL EN ZINC »
La guerre 14-18 terminée, à partir de mars 1920, le conseiller municipal Georges Lemarchand revint à la charge, interpellant l’Administration pour la reprise des travaux, relançant en 1921 le préfet pour que fin novembre, on lui réponde enfin favorablement après qu’il eut plaidé la cause, y ajoutant la nécessité de doter le marché d’un éclairage électrique : « Aujourd’hui, il n’y a que des abris provisoires en toile, plus ou moins déchirés et qui n’ajoutent certainement rien au caractère artistique de la Cité » [24]. On reconnait ces abris sur les photos et cartes postales anciennes, ce qui permet de les dater.

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Détail d’une carte postale, Marché aux fleurs, avant 1924

C’est alors qu’en janvier 1921, éclata une polémique. Un épisode intéressant tellement on reconnait un mécanisme toujours à l’oeuvre de nos jours, dès qu’un changement urbain se profile. On y retrouve les mêmes arguments, réflexions et vocabulaires qu’aujourd’hui. Tout partit d’un article alarmant de L’Intransigeant : le lieu serait « menacé de disparaître ». On allait couper les arbres « sous prétexte de réorganisation », pour y installer un marché couvert. Les marchand·es y seraient opposé·es [25]. Une info comprenant des bribes de vérité mais globalement fausse, aussitôt reprise par d’autres médias. Le Gaulois dénonçait la « haine des arbres » par la ville : « Abattre des arbres pour vendre des fleurs ? Quel paradoxe ! Mais toute occasion est bonne de dépouiller Paris de ses parures » [26]. La République française se demandait « pourquoi changer ce qui est, surtout quand ce qui est est charmant ? » [27]. Excelsior larmoyait : « Encore un de ces paysages parisiens que nous connaissons depuis toujours, menacé de transformation. Combien en avons-nous vus de ces progrès accomplis au détriment du pittoresque » [28].

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Le Populaire, L’Intransigeant, Excelsior, Le Gaulois, 1922

Y a-t-il eu un projet d’abattre les paulownias plantés en 1912 en bordure des allées ? Nous n’avons rien trouvé en ce sens. Il est à noter qu’en une presque génération - il est vrai, bouleversée par la Première Guerre mondiale -, tout le monde semble avoir oublié que le marché aux fleurs possédait auparavant des abris fixes et que la situation d’alors était provisoire. La polémique reprit quelques mois plus tard, Le Populaire dénonçant un « gaspillage municipal » de près d’un million de francs.... « parait-il » ! On pouvait lire : « Ce coin charmant de la grande ville menace d’être transformé. On veut faire de ce marché en plein air un marché couvert moderne. On veut substituer aux étalages en plein vent un affreux hall en zinc » [29]. Les marchand·es seraient unanimement opposé·es à « une construction que personne ne réclame » (sic) et auraient déposé une pétition à la préfecture (introuvable dans le bulletin municipal qui les recense). L’Administration reconnaissait qu’un projet était à l’étude et promettait que l’avis des intéressé·es serait pris en compte. « Ainsi, il exact que l’on songe à enlaidir un coin de Paris en y édifiant une construction coûteuse et inutile », concluait le journaliste.

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La Petite République, Excelsior, La Liberté, Le Petit Journal, 1922

Cette fois, la préfecture réagit, envoyant dans les rédactions un communiqué pour démentir l’abattage des arbres et rappeler la chronologie des faits. « Dès 1913, il avait été décidé, en complet accord avec les intéressés et avec la commission d’esthétique, d’y rétablir des abris fixes », retranscrit Excelsior puis d’autres journaux [30]. Mais certains continuent de protester comme La Petite République, dans une veine typiquement réactionnaire : « Hélas ! Le Paris pittoresque, le Paris de nos jeunes ans s’en va, rongé, sapé, miné chaque jour davantage par d’administratifs vandales, lesquels agissent à l’abri de ce commode bouclier qui a nom le Progrès. Après tant d’autres sites charmants ou pittoresques, voici que le marché aux fleurs et aux oiseaux va disparaître, pour faire place à quelque odieux, banal et coûteux marché couvert » [31]

Quelques jours plus tard, Georges Lemarchand organise une conférence de presse sur place, accompagné de responsables comme le président du Syndicat horticole de la région parisienne qui s’appelle Graindorge (ça ne s’invente pas) [32]. Le conseiller municipal annonce la remise au concours de la construction des nouveaux abris, conformément aux délibérations d’avant-guerre, pour 255 000 francs (et non un million !). Presque aucun des médias ayant colporté de fausses infos ne relaya l’initiative. L’Intransigeant donna la parole à Lemarchand un peu plus tard sur l’évolution du quartier Notre-Dame. Concernant le marché aux fleurs, celui-ci précisait : « Les abris seront construits en fer ; ils devront être peu élevés pour ne pas abîmer les arbres » [33].

« ENCORE UN QUARTIER DE PARIS QUI SE MODERNISE »
En février 1924, grâce à la ténacité de Georges Lemarchand, les nouveaux abris commencèrent à être construits, mettant fin à presque vingt ans d’une situation provisoire depuis le début du chantier du métropolitain en 1905. Excelsior publiera une photo d’un pavillon en construction, agrémentée de ce commentaire dépréciatif : « Encore un quartier de Paris qui se modernise » [34]. Un ton nostalgique que l’on retrouve dans d’autres journaux comme dans Le Gaulois : « Le marché aux fleurs, abrité de paulownias, d’une si belle forme, et qui semblait presque un jardin, sera pourvu désormais des armatures de fer d’un quelconque marché couvert » [35]. L’Intransigeant croit y deviner « quelque chose qui rappellera la Toscane, avec des becs de gaz en plus » [36]. Le journal publie un mois plus tard une photo des travaux qui s’achèvent, toujours perplexe : « Le ciel se couvre au-dessus des fleurs, pour empêcher de pleuvoir ! » [37].

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Construction des pavillons, Excelsior & L’Intransigeant, 1924

Trois mois plus tard, L’Intransigeant encore, le même qui avait déclenché la polémique trois ans plus tôt, est désormais conquis : « Paris a maintenant un joli marché aux fleurs (...) De larges auvents qui s’élèvent jusqu’aux plus premières branches des paulownias de la place jettent sur les fleurs une ombre haute et fraîche (...) Le marché aux fleurs est un endroit délicieux à fréquenter en été » [38]. Ainsi vont les polémiques.

Construits également à cette époque, deux chalets prévus avant-guerre, « l’un destiné au receveur, l’autre, divisé en deux, devant servir de bureau pour l’inspecteur de police et de bureau pour le Syndicat professionnel des ouvriers jardiniers de France », prévoyait-on en 1912 [39]. Une photo parue en 1924 dans L’Intransigeant les montre en vis-à-vis. Il n’en demeure plus qu’un aujourd’hui.

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Chalets du marché aux fleurs, L’Intransigeant, 31.12.1924 / Etat 2020

C’est ce marché qui est parvenu jusqu’à nous, celui-ci prenant sa forme définitive après 1928 où l’on ajouta des pavillons sur le même nouveau modèle [40]. Conçu avant-guerre par Jean Camille Formigé depuis à la retraite bien qu’occupant toujours des fonctions à la ville, il a pu être adapté pour certains détails, « en tenant compte des besoins nouveaux des occupants du marché » précisait en 1921 le directeur général des Travaux de la Ville de Paris [41]. Mais il correspond bien au projet des années 1910. Une plongée dans les archives techniques de Paris en apprendrait plus.

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Marché aux fleurs, cartes postales 1960-70

Pourquoi alors le nom de Gustave Eiffel est-il régulièrement cité quand nous ne l’avons jamais croisé au cours de nos recherches ? Pour associer ces halles à un nom ultra prestigieux de par leur structure métallique ? Contactée, Myriam Larnaudie-Eiffel, descendante de l’entrepreneur et ingénieur de génie, investie avec sa famille dans la défense de sa mémoire et de son oeuvre, n’a pas connaissance d’un lien entre son aïeul et ce lieu. D’autant que les dates ne coïncident pas vraiment, nous explique-t-elle. Gustave Eiffel a cessé ses activités industrielles en 1893, se retirant de l’usine qu’il avait créée. Devenue la Société de construction de Levallois-Perret. serait-elle celle qui aurait remporté l’appel d’offres pour la construction du nouveau marché aux fleurs ? C’est dans l’ordre du possible mais cela n’en ferait pas pour autant une création Eiffel. D’autant qu’il s’agissait d’un marché d’exécution et non de création. Pour en avoir le coeur net, reste à trouver le nom de l’entreprise en question. Autre indice venant infirmer cette paternité, c’est Georges Lemarchand qui, en tant que président du Conseil municipal de Paris, prononce le 2 mai 1929 le discours pour l’inauguration d’un monument élevé à Gustave Eiffel, sans mentionner, parmi ses réalisations dans la capitale, cet ouvrage-là.

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Marché aux fleurs, 2020


UN MARCHÉ AUX FLEURS A BOUT DE SOUFFLE
Sans information sur les décennies qui suivent, nous faisons un saut dans le temps, jusqu’aux années 1970 où des plaintes se font jour, comme on peut le voir dans ce reportage de 1973. On y entend une fleuriste, présidente du Comité de défense du marché aux fleurs. Les griefs sont nombreux : vétusté des abris, problèmes de stationnement, vols nocturnes, concurrence des supermarchés, cessation d’activités parmi la cinquantaine de marchands encore présents.

Des plaintes visiblement entendues. En juillet 1975, l’association de défense du patrimoine Sites & Monuments fait savoir, dans sa revue citant une source inconnue, probablement la presse (et se trompant sur l’origine du lieu), que le marché aux fleurs « sera remis en état mais conservera le caractère qu’il a actuellement » [42]. Il faudra attendre deux ans pour que les travaux soient réalisés. Non sans contestation puisqu’en 1978, l’association rapporte les propos d’un certain Louis Fougeres dans Le Figaro : « L’ensemble est mal composé, sans unité, ni grâce, ni harmonie. De surcroît, la circulation automobile l’enserre et le pénètre de toutes parts. L’occasion était bonne de réaménager l’ensemble... Elle a été manquée ! » [43]. Le marché aux fleurs serait défiguré par « l’invasion automobile ».

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Ancienne rue Aubé / allée Célestin-Hennion

La voiture a toujours été un problème au marché aux fleurs. Déjà en 1918, la préfecture était contrainte de régenter le stationnement des « voitures servant à l’approvisionnement » [44]. En 1999, l’installation d’une barrière automatique au bout de la rue Aubé jouxtant le tribunal de Commerce mit fin à un usage, créant un litige jusqu’au conseil municipal [45]. La rue, déclassée de la voie publique depuis 1962 et devenue parking, était partagée entre le personnel du tribunal la semaine, les commerçant·es et riverain·es la nuit et le week-end. Désormais, elle ne bénéficiait plus qu’au tribunal. Aujourd’hui, les voitures stationnées au coeur du marché, allée Célestin-Hennion qui fait une boucle, ne contribuent pas à valoriser esthétiquement les pavillons. Cela semble même incongru à notre époque. Mais les marchand·es s’en servent souvent comme de réserves.

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Vétusté des pavillons et encombrements, 2020

Quarante ans après leur rénovation, le principal problème reste la vétusté des pavillons, visible à l’œil nu quand on s’y promène : peinture écaillée, rouille... Et, à la présence envahissante des voitures, s’ajoutent les aménagements opérés au fil du temps par les marchand·es afin de gagner de l’espace sur le trottoir ou pour clôturer leur boutique, dispositifs disparates et souvent de fortune. Ce n’est pas la vision qu’en aura le 7 juin 2014 la Reine d’Angleterre, présente en France pour les commémorations du 70e anniversaire du Débarquement, qui demanda à visiter ce lieu qu’elle avait appréciée en 1948. A cette occasion et en son hommage, la Ville de Paris le rebaptisa « marché aux fleurs Reine Elizabeth II ».

POLÉMIQUE CONTRE UN MARCHÉ SOUS CLOCHE
Si la venue de la reine d’Angleterre mit le marché sous les projecteurs un court instant, c’est un rapport remis en décembre 2016 au Président de la République qui va le remettre en pleine lumière. Celui de la mission d’étude sur l’avenir de l’île de la Cité confiée par François Hollande à Dominique Perrault, architecte et urbaniste, et Philippe Bélaval, président du Centre des Monuments nationaux. Pointant l’« état insatisfaisant » du marché aux fleurs avec ses « locaux vétustes » et ses « conditions thermiques inadaptées », ses auteurs proposaient « d’édifier une serre, sorte de Crystal Palace, qui permettrait d’améliorer leurs conditions de travail [aux commerçant·es, NDLR] tout autant que d’attirer de nouvelles activités et de nouvelles clientèles. » De la pure prospective puisque la décision en revient à la Ville de Paris, propriétaire des lieux. Ce qui n’était pas à l’ordre du jour, même si la maire Anne Hidalgo avait donné son accord pour la mission et avait été auditionnée comme d’autres responsables.

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Projet d’un marché aux fleurs, F.Chassériau, 1828 l Dominique Perrault Architecture / DPA-ADAGP

Echo lointain au projet de l’architecte Frédéric Chassériau en 1828, il n’était pas dit si cette « mise sous verre » conservait les pavillons anciens ou les éliminait. Cette seule idée, jointe à une vue du nouveau marché aux fleurs imaginé par Dominique Perrault, enflamma les esprits. D’autant qu’en février 2017, le rapport se doubla d’une exposition à la Conciergerie. Une nouvelle polémique éclata, qui n’est pas sans rappeler celle des années 1920. Une pétition fut lancée, pour dire « Non au projet île de la cité pour le marché aux fleurs » (moins de 250 signatures à ce jour).

Dans La Tribune de l’Art, Didier Rykner s’insurgeait contre ce « projet de destruction pure et simple du marché au fleurs existant pour le remplacer par une construction haute comme le tribunal de Commerce » [46]. Datant les pavillons « de la fin du XIXe siècle », il lançait : « Va-t-on une nouvelle fois détruire des halles du XIXe siècle au cœur de Paris ? Va-t-on remplacer le charme désuet mais authentique de cette institution parisienne par une construction moderne, au cœur de l’Île de la Cité ? ». De tribunes en interviews, l’écrivain Benoît Duteurtre n’avait de cesse également de dénoncer ce projet de transformation de l’île, comme si elle était actée [47]. Encore en 2020, il s’étrangle dans Marianne au « saccage du marché aux fleurs, englobé sous une cloche de verre » [48].

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Expo à la Conciergerie, 2017 ©Didier Plowy-CMN / DPA-ADAGP

Plus pragmatique, l’association de riverain·es Défense du site de Notre Dame et ses environs, qui avait fait partie des auditionné·es de la mission, fit part de sa « grande déception » à la lecture du rapport. Concernant le projet d’un marché aux fleurs abrité « sous un grand Carreau de verre », elle craignait la perte de son caractère « légendaire », « l’arrachage des nombreux arbres qui lui donnent son charme au printemps » et la suppression de places de stationnement. Son président Jacques Catz préconisait au contraire sa réhabilitation : « Il est souhaitable de lui conserver son aspect général actuel qui est devenu traditionnel ».

UNE RÉNOVATION « DANS LE RESPECT DES STRUCTURES EXISTANTES »
A en croire Le Parisien, les marchand·es non plus n’étaient guère emballé·es par le projet et plutôt désabusé·es sur l’état du marché, ce que confirme un autre article du Journal du Dimanche [49]. Même pas consulté·es par la mission (cependant, l’association des commerçants de Notre-Dame avait été auditionnée), ils·elles avaient trouvé une oreille attentive auprès d’une élue parisienne centriste, Edith Gallois, laquelle avait découvert le lieu tardivement. « Je me suis aperçue d’une chose, alors que je passe quasiment tous les jours à vélo devant ce marché : je n’y étais jamais entrée. Pourtant, j’aime les fleurs, le jardinage, les plantes. En réalité, la raison est qu’il est en train de péricliter et que l’on a de très jolis pavillons Eiffel dans un état de vétusté très avancée », plaida-t-elle au conseil municipal du 4 juillet 2018, déposant un vœu pour sa rénovation, afin d’en faire « une vitrine de la biodiversité végétale parisienne ». [50].

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Marché aux fleurs, abris vide, 2020

Datant au passage le marché à 1830 (comme l’Office de tourisme de Paris), l’adjointe Véronique Levieux n’eut pas de mal à aller dans son sens car, ce que tou·tes ignoraient, c’est qu’avant même la remise du rapport de la mission Île de la Cité, la Ville de Paris avait pris le chemin d’une réhabilitation, ses services menant en mars 2016 un diagnostic des pavillons afin d’évaluer les travaux à mener. Celui-ci avait révélé sans surprise « des pathologies structurelles » dont un problème d’affaissement de l’une des halles. Des études complémentaires étaient préconisées, ce que l’exécutif se proposait de lancer désormais, pour la « rénovation du marché aux fleurs de l’île de la Cité, suite aux préconisations du rapport de l’île de la Cité » (sic). Le vœu d’Edith Gallois, opposé à l’idée d’une grande serre, fut adopté.

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Baraques en bois, quai de la Corse, 2020

Loin d’être un vœu pieux, la Ville de Paris vient enfin de lancer, en juin 2020, un appel d’offres dont l’objet est la « maîtrise d’oeuvre pour la rénovation du marché aux fleurs ». Clôture des candidatures au 27 juillet 2020. « Le projet de réhabilitation portera, indique le dossier, sur l’ensemble du marché aux fleurs dans le respect des structures existantes », supprimant cependant les resserres construites sur la voie publique sans autorisation et « les emplacements situés sur le quai de Corse (...) afin de libérer la visibilité sur la Seine et faciliter la circulation piétonne ». Il s’agit des baraques en bois le long du quai. De même, à terme, le stationnement de véhicules allée Célestin-Hennion pourrait être interdit, « tout en permettant l’accès des véhicules de secours et la livraison encadrée des boutiques de fleuristes ». La volonté est de « rendre les boutiques plus fonctionnelles », y incluant peut-être un espace de restauration légère ou un café. En plus des travaux proprement techniques (plomb, structure, affaissements, voirie, élagage), une harmonisation globale des boutiques sera recherchée, les travaux d’aménagement intérieurs restant à la charge des occupant·es. Durant toutes ces opérations, les commerçant·es seront relogé·es sous une halle provisoire.

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Marché aux fleurs, 2020

Les marchand·es, qui sont aujourd’hui moins d’une vingtaine, seront intéressé·es de savoir également que « la réhabilitation du marché s’accompagnera d’une réflexion globale sur son fonctionnement » concernant l’évolution du mode de gestion, la réévaluation des droits de place, la mise en concurrence préalable à la signature de convention d’occupation du domaine public, une durée des autorisations liées à l’amortissement des travaux réalisés par les fleuristes, la refonte du règlement afin de simplifier les règles de mutation et d’occupation [51]. Attendus depuis des années, ces travaux devraient démarrer au troisième trimestre 2022 pour une livraison fin 2024 et un coût évalué à 2 596 000 € HT. Calendrier partiellement confirmé par l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur) dans une récente étude sur les abords de Notre-Dame [52]. Le marché aux fleurs ouvrira ainsi une nouvelle page de son histoire, sans perdre son charme soyons-en certain. Avant peut-être un jour d’être mis sous cloche...

:: Bernard Hasquenoph | 11/07/2020 | 16:21 |

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NOTES

[1] Sur le site de l’Office de tourisme de Paris, on peut lire : « Sur la place Louis Lépine, entre la cathédrale Notre-Dame de Paris et la Sainte-Chapelle, le marché aux fleurs accueillent les amoureux de botanique et les curieux depuis 1830. À la fois couvert et découvert, le marché est notamment constitué de pavillons d’époque 1900. »

[2] Par décret du 21 janvier 1808, Napoléon cède à la Ville de Paris un terrain-vague se situant le long du nouveau quai Desaix « pour y transférer le marché aux fleurs et arbustes qui se tient maintenant sur le quai de la Mégisserie (...) et d’exécuter à ses frais tous les travaux nécessaires pour l’établissement, qui sera tenu à ciel découvert ».

[3] « Le marché aux fleurs de la Cité », L’Univers illustré, 15.08.1874.

[4] Arrêté du 30 novembre 1872, Recueil des actes administratifs de la Préfecture du département de la Seine, 1873.

[5] L’Univers illustré, 05.04.1873.

[6] La Presse, 04.05.1873.

[7] Bulletin municipal officiel de la Ville de Paris (BMOVP), 21.03.1905.

[8] Le Figaro, 08.12.1907

[9] La vie tragique des travailleurs : enquêtes sur la condition économique et morale des ouvriers et ouvrières d’industrie, Léon & Maurice Bonneff, éd. J.Rouff, 1908.

[10] Commission du Vieux Paris, séances du 11 novembre 1905 et du 7 juillet 1906.

[11] BMOVP, 03.12.1912 ; Le Gaulois, 18.05.1912.

[12] Le Petit Parisien, 11.12.1910.

[13] Un témoignage en ce sens existe dans le livre Et Paris ne fut pas détruit de Pierre Taittinger. Président du conseil municipal de Paris durant l’Occupation, il raconte avoir emprunté, en 1944 en état d’arrestation, cette galerie souterraine gardée par des FFI.

[14] Le Radical, 17.01.1910.

[15] BMOVP, 01.01.1909 & 03.12.1912.

[16] BMOVP, 30.06.1906.

[17] La Presse, 03.05.1910.

[18] Un article du Gaulois du 18.05.1912 sur le marché aux fleurs indique que « M.Lemarchand (...) fera installer deux fontaines Wallace et des bornes-fontaines... ». Malgré leur modèle d’origine identifiable à la signature du sculpteur (CH. LEBOURG SC et l’année 1872) et au nom de la fonderie (VAL D’OSNE), il semblerait qu’elles n’aient pas été installées pour le marché de 1873. Photos et gravures de cette époque montrent d’autres types de fontaine, circulaire. D’autre part, aucune fontaine Wallace n’est signalée à cet endroit sur l’Atlas municipal des eaux de la ville de Paris. 2 : Appareils de puisage public édité en 1893. La notice de l’inscription MH des deux modèles Wallace du marché aux fleurs n’indiquent ni date de création, ni d’installation.

[19] BMOVP, 03.12.1912.

[20] BMOVP, 21.04.1914.

[21] Le Figaro, 28.04.1910 / Le Gaulois, 18.05.1912 / Cité par le Directeur général des travaux de la Ville de Paris, BMOVP, 22.11.1921.

[22] Le Radical, 17.01.1910.

[23] BMOVP, 13.07.1914.

[24] BMOVP, 28.03.1920, 18.11.1921 & 22.11.1921.

[25] « Va-t-on couper les arbres du marché aux fleurs ? », L’Intransigeant, 28.01.1922.

[26] Le Gaulois, 28.01.1922.

[27] « Pour les arbres du marché aux fleurs », La République française, 29.01.1922.

[28] « Marché aux fleurs », Excelsior, 31.01.1922.

[29] « Un million pour couvrir le marché aux fleurs », Le Populaire, 23.09.1922.

[30] « Le marché aux fleurs de la Cité ne sera pas supprimé », Excelsior, 24.09.1922 / « Le marché aux fleurs de la Cité aura des abris fixes », Le Petit journal, 24.09.1922 / « Le marché aux fleurs ne va pas disparaître », La Liberté, 25.09.1922 / « A propos du marché aux fleurs », Le Populaire, 25.09.1922 / « Le marché aux fleurs », Le Radical, 25.09.1922

[31] « Paris qui s’en va ! Le marché aux fleurs va disparaître », La Petite République, 24.09.1922.

[32] « La réinstallation du marché aux fleurs », L’Oeuvre, 03.10.1922 / « La réinstallation du marché aux fleurs de la Cité », Le Matin, 03.10.1922.

[33] «  »Des constructions nouvelles« , nous dit M.Lemarchand, conseiller municipal du quartier », L’Intransigeant, 12.10.1922.

[34] « Le marché aux fleurs et aux oiseaux se modifie »,Excelsior, 07.02.1924.

[35] Le Gaulois, 11.02.1924.

[36] L’Intransigeant, 18.02.1924.

[37] "Le marché aux fleurs se couvre,L’Intransigeant, 29.03.1924.

[38] L’Intransigeant, 20.06.1924.

[39] BMOVP, 03.12.1912.

[40] « L’embellissement du marché aux fleurs », Excelsior, 06.01.1928.

[41] BMOVP, 22.11.1921.

[42] Sites & monuments, 07.1975.

[43] Sites & monuments, 01.1978.

[44] Recueil des actes administratifs de la Préfecture du département de la Seine, 09.1918.

[45] « Question de M. Alain LE GARREC, Mme Dominique BERTINOTTI et des membres du groupe socialiste et apparentés à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police au sujet de la rue Aubé (4e) », Conseil municipal de Paris, 02.1999.

[46] « Île de la Cité : lʼHidalgoisation des esprits », Didier Rykner, La Tribune de l’Art, 14.02.2017.

[47] « Paris oscille entre dégradation et touristification de masse », FigaroVox, 05.02.2018 ; « Quartier Notre-Dame », Le Monde diplomatique n°782, 05.2019 ; « À deux pas de Notre-Dame de Paris, le chantier fou de l’Hôtel-Dieu », FigaroVox, 14.12.2019.

[48] « Tourisme à l’Hôtel-Dieu - Carte blanche à Benoît Duteurtre », Marianne n°1193, 24.01.2020.

[49] « Paris : le marché aux fleurs cherche un deuxième souffle », Le Parisien, 25.07.2018 ; « A Paris, le Marché aux fleurs se cherche un avenir », Journal du Dimanche, 09.09.2018.

[50] Examen du vœu déposé par le groupe UDI-MoDem relatif au marché aux fleurs de l’île de la Cité, conseil municipal de Paris, 07.2018 ; « Vœu relatif à la redynamisation du Marché aux fleurs de l’Île de la Cité », conseil municipal de Paris, 4 juillet 2018.

[51] Selon l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur), le marché aux fleurs compte, théoriquement, « 27 commerces dont la moitié (13) sont des fleuristes. Ces derniers étaient plus nombreux en 2000 et certains se sont sans doute fait racheter par d’autres et ont été englobés au sein du marché », étude « Les abords de Notre-Dame de Paris - Analyse urbaine », avril 2020.

[52] Ibid.



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« Le succès d’un musée ne se mesure pas au nombre de visiteurs qu’il reçoit, mais au nombre de visiteurs auxquels il a enseigné quelque chose » Georges Henri Rivière, muséologue, 1978