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Le Louvre se pacse avec Arte pour le meilleur et pour la comm’

Bernard Hasquenoph |

Louvre pour tous | 14/12/2009 | 09:22 | 1 commentaire


En occultant la grève des musées, l’opération culturelle censée être en phase avec l’actualité révèle une opération de communication totalement verrouillée. Le Louvre et Arte n’en sont pas à leur première censure et les grévistes seraient bien en droit d’y demander une part de visibilité

01.02.10 | Le Club Innovation & Culture (CLIC) a remis le 29 janvier 2010 le premier trophée du « Site événementiel 2009 » à l’opération dont cet article traite.

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Sur le site Louvre Arte TV © DR

14.12.09 | COMME AGENCE DE COMMUNICATION, y’a pire. Une grande chaîne de télé publique à l’exigence artistique reconnue qui s’associe au plus grand musée du monde, public lui aussi. Le beau mariage. Depuis le 18 novembre, et pendant 4 SEMAINES (c’est le titre de l’opération), « le Louvre s’ouvre à l’oeil d’Arte et devient terrain d’expérimentation visuelle » comme l’indique le bandeau du site Internet de l’opération louvre.arte.tv. Ou, dit autrement, les deux institutions coproduisent « une web-création-actu-débat-expérimentaton-audiovisuelle en ligne » - ouf on reprend son souffle - « un véritable work in progress » comme s’extasie TÉLÉRAMA. Concrètement, tous les jours, sont mis en ligne, parallèlement au site du MONDE partenaire de l’événement, des formats audiovisuels courts, partageables et exportables, dispatchés en plusieurs catégories. Autant de flashs sur la planète Louvre et sur la galaxie qui l’entoure, friandises visuelles et sonores, la plupart de grande qualité de réalisation.

QUELQUES MINUTES DE FULGURANCE
En vrac, par un choix totalement subjectif, on y trouve des rencontres inopinées entre quelques chefs-d’oeuvre du musée et des sujets d’actualités. Pour exemple, « La mort de Didon », sculpture du XVIIème siècle, entre en résonnance avec les suicides de GI’s, des Ex-voto de Philippe de Champaigne avec l’épidémie de la grippe H1N1. On a droit aux divagations sémiologiques et hautement pataphysiques de l’écrivain Umberto Eco qui n’en finit pas de dresser des listes. Une logorrhée à la Dali, en plus sérieuse. On y croise des extraits de documentaires maison, « La Bataille de la Pyramide » avec interview de l’architecte Pei, le Louvre-Lens avec celles de directeurs de collections du musée parisien qui expliquent leurs choix de prêts d’oeuvres au futur établissement chti, celle très convenue d’Henri Loyrette, grand patron des lieux. Ou la vision surprenante du musée scandé par des slameurs...

Là, une caméra suit des agents de surveillance parlant boulot - « On est passé par la Vénus de Milo, et puis on est remonté par Samothrace » -, des djeunes, casquettes vissées de travers, perplexes... « C’est ça la Joconde ? », des visiteurs mal-voyants guidés par une charmante conférencière qui, emportée dans ses explications, en écrase la patte d’un guide-labrador... Des artistes contemporains invités à raconter leur Louvre : Orlan, oeuvre d’elle-même, parlant donc surtout d’elle ; Bertrand Lavier, créateur de ready-made, fasciné par les objets du quotidien d’il y a cinq mille ans érigés en oeuvres d’art ; la chorégraphe Blanca Li qui, pour l’un de ses ballets, s’est inspirée d’un Jérôme Bosch. Et Soulages, le maître, dont l’une des toiles est accrochée en ce moment dans le Salon Carré du Louvre, ici en extase devant une Vierge en majesté à ne pas en trouver ses mots.

L’expérience frôle la subversion quand un Delacroix est confronté au débat sur l’identité nationale voulu par le ministre controversé Eric Besson ou quand une vidéo aborde la place des femmes dans la société (et dans les organigrammes du Louvre et d’Arte), un petit bijou de 2mn 58 réalisé par Patric Jean, auteur du film pro-féministe « La Domination masculine » actuellement en salle. Le même imagine, dans un autre film, le Louvre inondé, avec pour héros trois pompiers du musée. Jusqu’à une prise de position radicale dans une vidéo de Ramutncho Matta, « Le vote de la honte », au sujet de la votation des Suisses contre les minarets illustré par la « Lapidation de Saint-Etienne » d’un anonyme flamand.

Plus d’une centaine de ces bouts de vie, d’humeur et d’art sont déjà en ligne. Un fourmillement de sons, d’images, de mots... Une approche créative passionnante, peut-être un peu trop élitiste, pas vraiment grand public mais franchement réussie. Avec un prolongement vers Facebook et Twitter. Avec un quizz Peintures, pour le coup très basique, d’oeuvres à reconnaître contre un DVD à gagner, une galerie photos (non créditées !) sans cesse alimentée de portraits de visiteurs du Louvre pris sur le vif dans la Cour carrée et le pourquoi du comment de leur présence ici...

DE LA CENSURE PAR OMISSION
Mais l’exercice artistique de haut vol atteint ses limites et révèle sa vraie nature par tout ce qu’on ne nous montre pas, contrairement à ce que nous explique avec tant d’intelligence le préambule : « Les œuvres parlent à leur manière du monde qui nous entoure. Elles éclairent l’actualité culturelle, mais aussi internationale, politique, économique, sociale. 4 semaines, une web co-production Arte / le Louvre, est là pour le démontrer ».

La promesse d’explorer un « Louvre méconnu » s’arrête en réalité à la porte d’un Louvre officiel, celui que sa direction tolère de montrer. Il est sans conteste pertinent de replacer les oeuvres d’art dans une perspective non seulement esthétique mais socio-politique : « Elles parlent, à leur manière, du monde qui nous entoure. Elles éclairent l’actualité culturelle, mais aussi internationale, politique, économique, sociale », certes. A ce propos, nous recommandons le remarquable travail de l’association CANAL ÉDUCATIF À LA DEMANDE et, notamment, sa vidéo en ligne décryptage de « La liberté guidant le peuple » de Delacroix qui en dit long sur les rapports de l’art et du pouvoir.

Mais à lire la phrase qui suit : « Le Louvre lui-même fait parfois l’actualité », le décalage n’en est que plus flagrant quand, des dizaines de vidéos postées et d’images produites, pas une n’évoque l’actualité brûlante dont le musée est pourtant le théâtre depuis le 2 décembre. Une grève de son personnel qui en bloquera par intermittence l’accès, rejoignant un mouvement national qui agite musées et monuments. Mouvement qui au-delà de la grève interroge la place que notre société entend donner encore à la Culture dans un monde de plus en plus soumis aux contraintes de la rentabilité. Chaque jour les dépêches de l’AFP tombent pour rendre compte de l’évolution du mouvement. Tous les journaux, télés, radios produisent articles et enquêtes sur le sujet tandis que Facebook voit l’éclosion de groupes de soutien, comme Louvre en grève. Tout le monde en parle... sauf 4 SEMAINES censé rendre compte d’un musée au coeur d’une actualité frémissante. Bien sûr, on nous parle de la crise monétaire, de la violence au Cachemire, des GI’s, des mines antipersonnelles, de la grippe, des disparitions d’enfants en Chine, jusqu’aux Talibans ! Mais dans le monde merveilleux de Louvre Arte, no grève.

Pourtant, dans une émission diffusée le 11 décembre dernier sur RFI, Joël Ronez, le responsable du pôle web de Arte France, parle encore, pour présenter le projet, de « confronter les échos du monde de l’actualité aux oeuvres d’hier et de toujours », en insistant sur la réactivité avec l’actu la plus immédiate et la plus chaude [1]. Depuis le 2 décembre et même avant si l’on considère le mouvement né au Centre Pompidou le 23 novembre, le rideau de la censure par omission est tombé sur l’oeuvre en création, la rendant plus que suspecte. Son absence, ne serait-ce que par allusion, rend paradoxalement la grève encore plus présente. Elle apparaît comme en creux. Comme si l’on s’était efforcé de ne pas la voir, de ne pas la croiser.

Confrontation avec l’actu, décalage avec le réel, mensonge. Sur twitter, les petites mains invisibles qui oeuvrent sur leur clavier d’ordinateur depuis les douves du palais - puisque l’équipe de suivi a été reléguée dans l’un de ces hideux algécos qui les encombrent avec pour seul horizon la muraille grise à un mètre - se mordent pour ne pas aborder le sujet, laissant seulement passer un tweet qui renvoie vers la vidéo (sur notre blog) d’un gréviste non du Louvre mais de Beaubourg. Ce sera tout. Peut-être un acte de résistance à l’omerta.

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Dans les douves du Louvre | 12.09 © Bernard Hasquenoph

LA GRÈVE CACHÉE DU LOUVRE
Le « Louvre invisible » que prétend révéler l’oeuvre multimédia le demeurera pour la multitude d’instants que l’activisme de ces derniers jours a produit et qui aurait constitué une formidable matière première visuelle et sonore si les créateurs de 4 SEMAINES en avaient eu la liberté.

Aussi, on ne verra pas de salariés bardés d’autocollants syndicaux. Pas plus que leurs créations artisanales et revendicatives s’inspirant pourtant de peintures du musée. Le « Sacre de Napoléon » de David, par un collage maladroit, a été rebaptisé « Couronnement de l’inculture » avec comme anti-héros Albanel, Sarko ou encore Malraux se demandant ce qu’il fout là. Pas plus qu’on ne découvrira ce créatif slogan lu sur un panneau : « Pas d’oeuvre sans ébauche, pas de culture sans embauche ». Ou ce subversif et direct « La culture c’est nous ». Pas d’image non plus du ministre Frédéric Mitterrand, le 10 décembre au soir, entrant au musée par une porte dérobée pour éviter une poignée de grévistes et rejoindre la cérémonie d’entrée dans les collections d’un chef-d’oeuvre d’Ingres. Aucune assemblée générale de montrée. Pas trace des quelques réactions violentes de visiteurs à l’encontre des grévistes. Pas plus que des opérations Gratuité qui consisteront, pendant plusieurs heures, à bloquer les caisses pour laisser entrer librement les visiteurs. Aucun écho incongru de rock tonitruant résonnant sous la pyramide, une radio ayant été reliée par les grévistes aux hauts parleurs du hall Napoléon.

Par l’occultation manifeste de l’actualité qui agite le Louvre - sa face réellement cachée - l’opération 4 SEMAINES aussi talentueuse soit elle, se mue en grand oeuvre de diversion. Le musée, instrumentalisant les bruits du monde pour mieux masquer les siens, retourne à sa vocation première. Une vaste entreprise politique, comme le rappelle d’ailleurs l’une des vidéos en ligne, l’interview du dessinateur Yslaire et de Jean-Claude Carrière à l’occasion de la sortie de leur BD « Le ciel au dessus du Louvre » co-éditée par le musée. L’ouvrage illustre la naissance du musée en 1793, « quand l’art et la politique ne faisaient qu’un » comme nous le précise sa présentation qui poursuit ainsi : « Lorsqu’on inaugure le musée du Louvre, c’est un acte éminemment politique. Dans ses ateliers, les artistes étaient déjà en train de fabriquer de l’idéologie révolutionnaire : ils fournissent, en quelque sorte, de quoi remplir ce musée… ». Il semblerait qu’en deux cents ans, rien n’ait changé. Excepté l’idéologie non plus ultra-révolutionnaire mais ultra-libérale. Artistes mis à contribution, journalistes, documentaristes, tous mis au service de la grande cause d’un Louvre en phase avec un monde à sa façon [2].

ARTE, LE LOUVRE ET LA CENSURE
Quant à ARTE, la chaîne publique n’en est pas à sa première collaboration avec le Louvre. Ni à son premier acte conjoint de censure. Il y a quelques mois, le samedi 25 avril 2009, la chaîne ouvrait son antenne à une journée spéciale Louvre pour s’associer à l’anniversaire des vingt ans de la pyramide. Plusieurs documentaires sur le musée s’enchaînèrent et, à 22h35, METROPOLIS, le magazine culturel hebdomadaire de la chaîne qui porte « un regard sur notre culture et celle de nos voisins considérée comme autre chose qu’une simple marchandise » se consacra aux antennes du « Louvre Hors les murs », phénomène récent et quelque peu décrié : Atlanta, aux Etats-Unis, Abou Dhabi, dans les Emirats Arabes, ou plus près de nous Lens, dans la région Nord-Pas-de-Calais.

Or, le principal contradicteur à ces différents projets révéla lui-même la censure dont il fit l’objet de la part de la chaîne publique. Didier Rykner, fondateur du site LA TRIBUNE DE L’ART qui constitue sans doute la revue d’art en ligne la plus consultée, raconta dans un billet intitulé sobrement « Censuré par Arte comment l’équipe de METROPOLIS l’avait contacté pour lui demander d’intervenir au sujet de l’affaire Abou Dabi, les journalistes, selon leurs termes, ayant »du mal à trouver quelqu’un s’opposant au projet et acceptant de parler devant la caméra« . Ce qu’accepta sans problème D. Rykner. Rendez-vous fut pris avant d’être annulé sans explication. C’est en ouvrant le CANARD ENCHAÎNÉ du 11 mars qu’il apprit la suite comme il le raconte lui-même : »le Louvre avait prévenu clairement Arte : si j’étais interviewé, Henri Loyrette n’accorderait pas d’entretien. Or Arte ne peut pas se permettre de fâcher le Louvre (ils ont des accords de production)".

Le Louvre verrouille sa communication, utilisant les talents d’une chaîne publique comme une agence de production d’images à son service. Arte fondée sur des valeurs dont, peut-on lire sur son site, le « respect accordé au jugement de nos téléspectateurs, à la diversité des opinions et des points de vue »... Le premier musée français distribue la parole à qui lui plaît, à qui ne le critique pas. Laisse passer la subversion tant que cela ne le concerne pas. Les autres n’ont pas droit de cité. Au palais de l’Art et des artistes, pas de place pour la liberté d’expression. Pourtant les grévistes et leurs syndicats seraient bien en droit de réclamer leur visibilité dans cette opération de comm’. Qu’une vidéo leur soit consacrée, ce serait légitime. Quel était le but de l’opération 4 SEMAINES ? Objet culturel ou volonté d’occuper le territoire du Net, peuplé de malandrins et mauvais bougres comme nous autres. Il y a quelques jours, étant fan de la page officielle du musée du Louvre sur Facebook, entre deux photos de touristes souriants, on a voulu posté une photo de la grève. Il n’a pas fallu 24h avant qu’elle ne soit supprimée.

:: Bernard Hasquenoph |

:: Louvre pour tous | 14/12/2009 | 09:22 | 1 commentaire

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EN COMPLÉMENT

LE LOUVRE INVISIBLE

Les vidéos postées sur le site 4 SEMAINES mettant en scène des salariés du musée sont en partie extraites d’un documentaire réalisé en 2004 par Stéphane Krausz et co-produit par le musée du Louvre. Nous n’avons pas eu la chance de le visionner dans son intégralité et nous le découvrons à travers les séquences ici présentées. Si ce film se veut être un hommage à tous les corps de métiers concourant à l’entreprise Louvre, il est en fait comme un excellent film d’entreprise, en étant adoubé par la direction du musée.

Le Louvre invisible le restera pour le travail difficile des agents de surveillance révélé dans un témoignage comme celui posté sur le site du FIGARO et qui pourrait bien provenir d’un de ses gardiens. Le Louvre invisible le restera pour la multiplication, ces dernières années, des prêts d’oeuvres aux quatre coins du monde, beaucoup pour questions financières, comme le craignaient les spécialistes. Ce qui se vérifie de mois en mois comme le constatent les gardiens devant de plus en plus fréquemment répondre à la déception des visiteurs découvrant à la place d’un tableau recherché... un espace vide. Situation qui transforme peu à peu les conservateurs en gestionnaires des entrées et sorties des oeuvres, trouvant de moins en moins de temps pour remplir leur mission première, celle de les étudier comme l’explique la syndicaliste de SUD Culture dans la vidéo ci-dessous.

Le Louvre invisible le restera pour des expositions créées à la gloire de mécènes plus que par souci artistique comme BREGUET cet été, qualifiée à juste titre de « publi-exposition » par LA TRIBUNE DE L’ART. Le Louvre invisible le restera pour les soirées privées où le musée se loue, y compris, aux marchands d’armement comme le gala annuel du salon EUROSATORY entraînant à chaque fois critiques et manifestations. Le Louvre invisible le restera pour l’implantation prochaine d’un McDonald’s dans la Galerie du Carrousel, ce qui a généré un tsunami médiatique international au point que le Louvre, pour son image, a nié que cet espace commercial était bien sous sa tutelle... La liste est longue des faces cachées du Louvre que l’opération 4 SEMAINES ne montre pas. Film d’entreprise, oeuvre de propagande... Encadré rajouté le 14.12.09, 16h

 :: LA GRÈVE AU LOUVRE ::


Sud explique la grève au Louvre envoyé par rue89


Grève dans les musées, Centre Pompidou | 07.12.09 envoyé par Louvre_pour_tous

D’AUTRES VIDÉOS SUR LOUVREPOURTOUS TV



VOS COMMENTAIRES


7.09.2016 | Sébastien B. |

Bravo pour cet article.

Je viens de le lire à la suite du visionnage du reportage « les batailles du Louvre » :)


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NOTES

[1] « Emission »L’atelier des médias" animée par Philippe Couve, RFI | 11.12.09. Le sujet Louvre démarre à la 790 sec : écouter ici.

[2] Depuis sa création et sa période napoléonienne, le musée du Louvre n’a peut-être jamais autant baigné dans la politique que ces dernières années. Quel autre sens ont les projets du Louvre-Lens et du Louvre Abou Dabi ? Et l’aménagement dans le musée parisien du département des Arts de L’Islam ? Et la tenue prochaine de l’exposition « Sainte Russie » adoubée, à sa conception, par Poutine et Sarkozy. Le Louvre n’en finit plus de s’instrumentaliser lui-même. Et son président, Henri Loyrette fait plus que jamais figure de diplomate à l’heure où, l’Egypte en tête, les demandes de restitutions d’oeuvres commencent à pleuvoir de toutes parts.



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UNE CITATION, DES CITATIONS
« En France, on travaille dans le service public, en Amérique, on travaille pour le public » Nathalie Bondil, directrice du Musée des beaux-arts de Montréal, TÉLÉRAMA | 14.09.16
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