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L’hôtel de Brienne se visite

Bernard Hasquenoph | 20/01/2017 | 18:23 |


Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a décidé d’ouvrir au public l’hôtel de Brienne à la riche histoire, en partenariat avec le Centre des monuments nationaux. Sous certaines conditions...

20.01.2017 | ETONNANT. Malgré l’état d’urgence et le caractère particulièrement sensible du lieu, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a décidé d’ouvrir au public l’hôtel de Brienne qui abrite ses services, jusque là uniquement accessible pendant les Journées du patrimoine. Sous certaines conditions bien sûr. Cela sera possible uniquement sur inscription et en visite-conférence deux samedis par mois (à partir du 28 janvier), jour où théoriquement le ministre est absent et l’ambiance plus calme. Au moins jusqu’à l’élection présidentielle de mai 2017 et sous réserve que les aléas de l’actualité n’obligent pas à tout annuler au dernier moment. A voir donc. Il en a confié la gestion au Centre des monuments nationaux (CMN).

Cette décision s’expliquerait par le fait que Jean-Yves Le Drian, de par sa formation d’historien, est particulièrement sensible à la dimension patrimoniale du bâtiment d’exception qu’il occupe depuis sa prise de fonction en mai 2012 et dont il a voulu la réhabilitation de certaines parties. Cette année 2017 marquera aussi le bicentenaire de l’installation dans ces murs du ministère de la Défense, ex-ministère de la Guerre. Enfin, cette initiative est portée par l’association des Amis de l’Hôtel de Brienne créée en septembre 2016 pour valoriser le monument, dont le secrétaire général adjoint Gaëtan Bruel qui a été le conseiller Culture et Mémoire du ministre, est, depuis octobre, administrateur de l’Arc de Triomphe et du Panthéon gérés par le CMN. Ceci explique aussi sans doute cela. À moins que ce soit pour empêcher un déménagement inéluctable.

Hôtel de Brienne / Ministère de la Défense

Les visiteurs découvriront un élégant hôtel particulier construit au 18e siècle, aux propriétaires successifs de la haute noblesse. Il garde de cette époque l’écho des fêtes galantes organisées par celui qui y a laissé son nom, Louis-Marie-Athanase de Loménie, comte de Brienne, secrétaire d’État à la Guerre juste avant la Révolution dont il ne survivra pas. C’est là sans doute l’origine du nom de la discrète « porte des Amours » située au fond du jardin, empruntée aujourd’hui par les cortèges officiels, certainement moins trivialement.

En 1802, l’hôtel est acquis par Lucien Bonaparte, frère de Napoléon, qui l’aménage à son goût. D’où la présence d’emblèmes comme l’abeille et d’un mobilier Premier Empire remis en place. Puis, en 1805, il le cède à sa mère, Letizia Bonaparte, née Ramolino. Madame-Mère le vend à son tour en 1817 à l’Etat qui en fait la résidence du ministre de la Guerre. Depuis, deux occupants emblématiques sont associés à ce lieu de la République : Georges Clemenceau dont Jean-Yves Le Drian a fait reconstituer en 2014 le bureau au plus près, à partir de photos d’époque et de mémoires. Le Tigre, comme on le surnommait, l’occupa de 1917 à 1920. On y voit le magnifique bureau à double cartonnier - pour dérouler les cartes militaires - de Daru, secrétaire général du ministre de la Guerre sous Napoléon qui l’a suivi jusque durant la campagne de Russie.

Bureau de Clemenceau / Hôtel de Brienne

L’autre illustre personnage contemporain associé à l’Hôtel de Brienne est le général de Gaulle qui le connut, en juin 1940, comme sous-secrétaire d’Etat à la Défense nationale. Durant la Seconde Guerre mondiale, le jardin de l’hôtel facilement accessible depuis la rue et plus ou moins à l’abandon, servit de lieu de rendez-vous pour la Résistance, comme s’en souvient Daniel Cordier, secrétaire de Jean Moulin. Le Général y revint comme chef du gouvernement provisoire de la République, et au soir de la Libération de Paris en 1944, s’y installa pour l’occuper jusqu’en 1946. Son bureau est toujours visible. En sa mémoire, le fronton de la façade de l’hôtel porte une croix de Lorraine.

Bureau du général de Gaulle / Hôtel de Brienne

L’hôtel possède comme il se doit son lot d’oeuvres modernes, comme deux belles tapisseries d’Aubusson de Yaacov Agam qui accueillent le visiteur dans l’escalier d’honneur, où ont été également installées des armures médiévales, histoire de rappeler où l’on est.

INFOS PRATIQUES
Hôtel de Brienne - 14, rue Saint-Dominique - 75007 Paris
Visites-conférences (1h30-2h) : tarif plein 15 € / tarif réduit 4 € (personnel du ministère de la Défense, personnes du champ social, demandeurs d’emplois, personnes handicapées)
Réservation obligatoire sur www.fnacspectacles.com et présentation de sa pièce d’identité à l’entrée
Renseignements (CMN) : www.monuments-nationaux.fr / 01 44 54 19 30 / visites-conferences@monuments-nationaux.fr / Pour des visites en LSF public.sourd@monuments-nationaux.fr
Visite virtuelle de l’hôtel de Brienne : www.defense.gouv.fr

:: Bernard Hasquenoph | 20/01/2017 | 18:23 |

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